RÉUSSIR EN FRANCE SANS DIPLÔME : POUR UN AUTODIDACTE, C’EST POSSIBLE!

Réussir dans la vie sans passer par la voie normale et sans diplôme, est-ce possible ? Malgré les préjugés et les barrières érigées par la société moderne, il semble aujourd’hui que les « surdoués », les autodidactes et autres élèves précoces soient enfin reconnus à leur juste valeur. Même si le chemin reste encore long pour […]

Réussir dans la vie sans passer par la voie normale et sans diplôme, est-ce possible ? Malgré les préjugés et les barrières érigées par la société moderne, il semble aujourd’hui que les « surdoués », les autodidactes et autres élèves précoces soient enfin reconnus à leur juste valeur. Même si le chemin reste encore long pour faire admettre la différence du haut potentiel comme une chance, et non comme un handicap. Retour sur les possibilités infinies qui s’offrent à ceux qui ont envie de réussir, quel que soit leur parcours individuel…

Mais au fait, c’est quoi un fort potentiel ?

La plupart du temps, un fort potentiel désigne une personne « en dehors des normes », disposant par ailleurs d’un QI dépassant allègrement 130 – une limite au-delà de laquelle on parle volontiers, en France, d’un phénomène de « surdoués ». Hélas, les aptitudes naturelles qui en découlent ne sont en rien synonymes d’une meilleure intégration, d’une meilleure reconnaissance de la société ou d’une meilleure réussite aux examens. En effet, d’après un article du Figaro, 70% des surdoués seraient en échec scolaire. La plupart des élèves dotés d’un très fort QI quitteraient l’école sans diplôme, ou avec seulement un baccalauréat en poche, et un tiers seulement de cette population irait jusqu’aux études supérieures.

Réussir sans diplôme : oui, c’est possible !

Aujourd’hui, l’organisation de la société et le développement de nouveaux modèles économiques alternatifs fait la part belle à la débrouillardise et à l’autonomie. Pour un autodidacte par exemple, l’entreprenariat reste la voie de réussite par excellence ! Hélas, cette voie n’est pas encore synonyme de succès en France, alors même qu’aux Etats-Unis, l’échec scolaire n’est visiblement pas perçu comme une fin. Directeur général de Heidrick & Struggles France, Alain Deniau confirme : « En France, un autodidacte a très peu de chances d’arriver au sommet […] La seule issue possible est d’aller tenter sa chance dans des régions du monde cultivant davantage la méritocratie, tels que les Etats-Unis ou le Canada. Là-bas, des entreprises comme Pepsi s’engagent pour les jeunes même sans diplôme, tout en sachant identifier les bonnes volontés ».

Il semble par ailleurs qu’un autodidacte sans diplôme, acquérant de l’expérience à l’étranger sorte de l’anonymat auxquels sont confrontés de nombreux jeunes sans emplois, à son retour en France. Et Alain Deniau de conclure : « Les entreprises s’ouvrent plus volontiers à ces profils particuliers de managers qui ont réussi, et dont l’expérience de leadership se fait incontestable ».

Réussir dans son pays, même en situation d’échec scolaire

Bien évidemment, dans le petit monde des surdoués sans diplôme, tout le monde n’a pas les moyens ou la force de s’expatrier. En France cependant, les possibilités de réussite individuelle sans passer par la voie normale paraissent bien maigres, mais existent. Ainsi, certains acteurs de la distribution souhaitent donner leur chance aux candidats sans CV. L’enseigne Bricoman, par exemple, recrute des volontaires et aspirants directeurs de magasin en échec scolaire, et les place en situation avant une période de formation.

Ainsi, les aptitudes naturelles de l’autodidacte peuvent être reconnues à leur juste valeur, comme par exemple « le sens de la clientèle et de la loyauté ». Mais pour ceux qui désireraient gravir les échelons plus rapidement, le plus « simple » reste encore de créer sa propre entreprise… avec de très belles promesses de « sucess story » à la clé. Ainsi, l’exemple de March Puche, aujourd’hui gérant de société, insatisfait de sa vie professionnelle, et qui s’est construit tout seul à force de lectures dans le domaine du management et du leadership. Aujourd’hui, son entreprise BTP Aege Groupe déclare un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros.

Un système éducatif qui mérite un changement

De nombreux adolescents décident de quitter les bancs de collèges et lycées parce qu’ils ne sont pas pris au sérieux. Les éducateurs leur imposent des formations et des cursus qui ne s’adaptent pas à leur potentiel. Un ado qui se lance dans entrepreneuriat est généralement considéré comme un rebelle mais non. C’est plutôt une marque de confiance en soi, une prise de conscience qu’on peut faire quelque chose de différent.

Personnellement, j’ai abandonné l’école alors que j’étais en seconde générale. Mes professeurs voulaient que je m’oriente vers une filière professionnelle sous prétexte que le général n’était pas adapté à mes facultés. Je voulais déjà entreprendre, mais je n’ai eu droit qu’à peu d’encouragements.

Je me permets donc d’attirer l’attention du corps enseignant sur quelques cas concrets. A 13 ans, j’avais déjà fondé ma propre association. Théoriquement, c’est un âge auquel on est encore insouciant mais non. Cette expérience m’a aidé à murir, ce qui a créé un certain écart avec mes camarades. Au début de mon adolescence, je me suis lancé dans la gestion d’équipe. J’ai appris en autodidacte à monter des demandes de subvention même si mon sens rédactionnel n’était pas très développé. Sans l’aide des éducateurs, j’ai réussi à cumuler des compétences informatiques dont l’utilité ne cesse d’augmenter.

L’autodidaxie m’a très bien réussi puisqu’aujourd’hui je suis stable. Je gagne très bien ma vie même si j’ai abandonné le lycée. Mais pour ces adolescents actuellement en quête d’autonomie, de développement, il serait temps d’envisager un accompagnement approprié. A mon humble avis, il n’est pas nécessaire de leur imposer ce qu’ils doivent faire. Il s’agirait plutôt de les aider à trouver leur propre voie.

Les qualités qui ne s’obtiennent pas en cours

Pour de nombreux employeurs, il est inenvisageable d’embaucher du personnel sans diplôme. Ce morceau de carton est considéré comme une véritable distinction, un gage de compétences et de connaissances. Mais non.

En 2013, deux ans après avoir arrêté le lycée, je suis parti en mission associative en Moldavie (en Service Volontaire Européen). J’y ai appris les réelles valeurs professionnelles. J’ai compris que les diplômes n’étaient pas indispensables pour réussir. Ma propre expérience m’a prouvé qu’il existe des qualités personnelles que l’on ne peut pas apprendre dans les salles de classe. Ma maturité et ma soif incessante d’évoluer, je les ai acquises au fil des expériences. C’est également sur le tas que je me suis construit mon propre réseau professionnel. Mes échecs m’ont aidé à aller de l’avant. Mes réussites m’ont démontré que je pouvais réussir et que j’avais raison de ne jamais baisser les bras.

Vous conviendrez sans doute que je ne suis pas à un cas isolé. D’autres personnes ont très bien réussi leur vie sans être diplômées. Steve Jobs, Bill Gates, Mark Zuckerberg… ce sont autant de noms qui forcent l’admiration. Mais comme moi, ils ont préféré poursuivre leur propre voie au lieu de se conformer au standard imposé par la société.

L’autodidacte a des aptitudes naturelles qui méritent d’être exploitées. Le diplôme doit cesser d’être une obsession car en fin de compte, il ne détermine pas le réel potentiel d’une personne. Alors, peut-on réussir sans diplôme ? La réponse est oui, sans aucune hésitation. Ce qui importe, c’est que chacun prenne conscience de ce dont il est capable.

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